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Les stations du métro de Paris
Le réseau du métro de Paris a une densité unique au monde : aucun lieu n’est à plus de 500 mètres d’une station de métro. Au total, on compte 300 stations. Les lignes de métro se révèlent autant de fils d’Ariane pour remonter le temps : chaque nom de station nous invite à visiter un moment fort de l’histoire de la France et de sa capitale.
Les noms
Le métro parisien rassemble des noms de lieux comme de personnes. Il constitue un panthéon en soi des lieux de mémoire de l’histoire nationale.
Des noms de batailles victorieuses : Iéna, Solférino, Alesia, Bouvines…
Des noms de monuments : Invalides, Odéon, Champ de Mars-Tour Eiffel, Musée d’Orsay, Palais Royal-Musée du Louvre, …
Des noms d’activités aujourd’hui oubliées: les Gobelins, Glacière…
Mais aussi de personnages historiques : Philippe Auguste, Etienne Marcel, Saint-Georges Robespierre, Mirabeau, Gambetta, Felix Faure…
Beaucoup de noms liés à la IIe Guerre mondiale et à la Résistance : Charles de Gaulle, Frankin D. Roosevelt, Guy Môquet, d’Estienne d’Orves, Maréchal Juin, Félix Eboué, Georges Mandel, Gabriel Péri, Charles Michel, Marx Dormoy, Jacques Bonsergent, Colonel Fabien, Jacques Duclos…
Des noms de poètes et écrivains donnent leur noms à une vingtaine de stations : Voltaire, Victor Hugo, Zola, Alexandre Dumas, les frères Goncourt mais aussi des sculpteurs : Pigalle, Falguière … ou des scientifiques : Monge, Pasteur, Pierre et Marie Curie…
Sans oublier l’ingénieur Fulgence Bienvenüe, le « père » du métro parisien.
Des entrées d’art
Pour les bouches de métro « Art nouveau » réalisées par Hector Guimard, les cartouches des entrées ressemblent à des scarabées d’or, les mâts lumineux s’inclinent au dessus des escaliers comme de gracieuses tulipes, et les édiles couverts déploient leurs marquises de verre en forme de libellule. Aujourd’hui, 86 accès Art nouveau sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques parmi lesquels Châtelet (place Sainte-Opportune), Saint-Michel, Avron, Porte Dauphine, Daumesnil, Place d’Italie, Ménilmontant, Alexandre Dumas… D’autres accès de style néo-classique, conçus par Marie-Joseph Cassien Bernard (1848-1926), élève de Charles Garnier et architecte lauréat du grand Prix de Rome, sont édifiés sur plusieurs places de la capitale : Opéra, Concorde, République. Pour le centenaire du métro parisien, Jean Michel Othoniel réalise, en 2000, « le Kiosque des noctambules », assemblage de guirlandes de boules de verre multicolores, à l’entrée de la station Palais Royal (place Colette).
Des décors historiques
Lors de la création du métro parisien, les murs de ses stations sont revêtus de petit carreaux biseautés en faïence blanche de Gien, afin de mieux refléter l’éclairage du début du XXe siècle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, certaines stations reçoivent un carrossage standardisé et un éclairage au néon qui valorise les affiches publicitaires. À partir des années 1960, apparaît le style « mouton » (du nom de la station Mouton-Duvernet), avec des petits carreaux de couleur non biseautés sur une hauteur de deux mètres. Certaines stations ont une décoration thématique : Louvre-Rivoli, Bastille, Hôtel de Ville, Parmentier… La ligne 14, inaugurée en 1998, recourt massivement au béton architectonique et dispose d’une décoration originale.
Certaines stations recèlent des trésors originaux. Ainsi, le Nautilus FR F. Schuiten transforme la station « Arts et Métiers » en sous-marin et nous invite à plonger dans l’univers de Jules Verne…
Des stations fantômes
Pour des raisons historiques ou commerciales, certaines stations sont désaffectées. Elles ne furent jamais ouvertes au public, comme « Haxo » (station sans issue), ou elles disparurent, en particulier après la Seconde Guerre mondiale (Arsenal, Champs de Mars, Croix Rouge) ou encore ne furent jamais réalisées (deux sous la Défense, une à l’aéroport d’Orly).
Des stations du 7e art
De nombreux films ont pour décor le métro parisien. La station « Porte des Lilas –Cinéma » -de fait, une partie désaffectée des voies de la station Porte des Lilas- est exclusivement dédiée aux tournages. Parfois, la station joue un rôle de premier plan et plonge le spectateur dans l’ambiance d’un milieu et d’une époque : dans « la Grosse Caisse » d’Alex Joffé (1965), Louis Bourdin, interprété par Bourvil, est poinçonneur à la station « Quai de la Rapée ». Fan de romans policiers, il veut séduire Angélique, la poinçonneuse du quai d’en face et rêve de succès littéraires…






