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Les villes thermales
Avec 1 200 sources d’eau thermales recensées, la France bénéficie d’un patrimoine naturel exceptionnel. Portée par la vague du romantisme, sous le Second Empire, la mode des « villes d’eau », encouragée par la famille impériale, va connaître un engouement exceptionnel qui atteindra son apogée au XXe siècle, de la « Belle époque », aux « Années folles ».
Vichy, Cambo-les-bains, Amélie-les-bains, Chatel-Guyon, Dax, Enghien-les-bains, Bagnoles-de-l’Orne, Bagnères-de-Bigorre, Luchon, Plombières-les- bains, Vittel, La Bourboule… du Massif central aux Alpes, de la Normandie et aux Pyrénées sans oublier la Réunion, autant de villes thermales de renommée internationale ont été synonymes de santé, de vie mondaine, de luxe et d’un certain art de vivre réservé à la haute société.
Dès les débuts du thermalisme mondain du XIXe siècle, les stations thermales se sont équipées de bâtiments de luxe, tant pour les soins que pour l’hébergement et le divertissement afin d’accueillir, soigner et divertir leurs visiteurs saisonniers venus « prendre les eaux ».
Premier lieu d’accueil des curistes, les gares se doivent de refléter les stations thermales : des décors somptueux ornent leurs façades, parées d’élégantes marquises. Les établissements thermaux où s’effectuent les soins offrent, outre les piscines et les cabines de soins, des espaces d’accueil et de rencontre pour les curistes : leurs murs sont revêtus de peintures murales et de céramiques, souvent sur le thème de l’eau… Les arts décoratifs s’y déploient avec faste. Au sein des établissements ou dispersée dans des parcs, l’architecture des buvettes ou fontaines thermales qui abrite le (les) source(s) de la station s’inspire parfois des temples grecs. Des fastes néo-classiques ou roccoco du Second Empire aux splendeurs de l’art déco, sans oublier certains établissements contemporains, œuvres de prestigieux architectes français tel Jean Nouvel à Dax, les établissements thermaux français offrent toujours aujourd’hui une remarquable palette de styles architecturaux.
Souvent situées dans les sites naturels remarquables, au creux des montagnes, des forêts ou au bord des lacs, les villes thermales sont riches en parcs et jardins propices à la promenade, à la vie au grand air, à l’activité sportive préconisées pour la cure… Pour divertir les curistes, places et parcs s’ornent de kiosques, architectures de verre et de fer qui permettent une bonne qualité d’écoute et une bonne visibilité des spectacles offerts. Les villes disposent également de théâtres, d’opéras et de casinos. Et bien évidemment, les grands hôtels fleurissent alors, véritables palaces, offrant un confort haut de gamme à une clientèle aussi fortunée qu’exigeante !
L’histoire des casinos français débute d’ailleurs dans les stations thermales… Dès 1806, l’Etat va délivrer des autorisations limitées, géographiquement, aux stations balnéaires et aux « lieux où il existe des eaux minérales…». Les casinos deviennent rapidement des lieux d’amusement huppés. En 1931, une loi autorise la création du casino d’Enghien-les-bains, qui est aujourd'hui le premier de France pour ses recettes.
Les villes thermales, au-delà de leur vocation thérapeutique, sont toujours des lieux de villégiature à forte identité patrimoniale où chaque station cultive ses particularismes pour mieux séduire les curistes. Aujourd’hui, les soins thermaux se sont démocratisés et sont ouverts à tous, sur prescription médicale. Ils offrent au grand public tout ce qui était naguère réservé à une élite, à commencer par la santé !






