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Tournures de phrases : quelques idiotismes de la langue française
Les idiotismes sont des expressions propres à une langue ou à une région qui sont intraduisibles mot à mot dans une autre langue. On parle généralement de "gallicismes" pour les tournures ou locutions spécifiques à la langue française.
« Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras : l’un est sûr, l’autre ne l’est pas » : dans sa fable Le petit poisson et le pêcheur, Jean de la Fontaine nous enseigne qu’il vaut mieux garder un bien acquis que de le risquer pour un bien supérieur mais hypothétique. Cette formule -désormais proverbiale- est proprement intraduisible.
Anglicisme, germanisme, hispanisme… Toutes les langues ont leurs idiotismes, ces tournures de phrases propres à une langue. En France, on les appelle des gallicismes, en référence aux Gaulois. La langue française, populaire ou imagée, en fait un usage fréquent : vous avez de l’expérience dans un domaine ? Dites que vous avez « de la bouteille ». Votre interlocuteur donne beaucoup trop d’importance à une affaire ? Suggérez-lui de « ne pas en faire tout un fromage ». Vous tombez très facilement amoureux ? C’est que vous avez « un cœur d’artichaut ».
Au-delà des formules imagées, le gallicisme le plus connu est le fameux « il y a », qui échappe à toute logique de sens. Il exprime la présence d'un objet -il y a du café sur la table- ou pose une situation dans le passé -il y a deux ans- et n'a pas d'équivalent syntaxique.
La littérature française n’est pas en reste. Les écrits de Pascal, Molière, Corneille ou encore Voltaire fourmillent d'expressions françaises. Pour signifier à Elmire qu’elle n’est pas assez attentive, Madame Pernelle, dans Tartuffe de Molière, déclare : « Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles ».Traduisez : vous n'êtes pas attentif. Lorsque vous voulez marquer la résolution d'une affaire, dites « C'en est fait » comme Heraclius, empereur d'Orient de Corneille. Et ainsi de suite ou « j'en passe et des meilleurs », pour reprendre le célèbre gallicisme de Victor Hugo dans Hernani.






