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La Provence de Frédéric Mistral

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Frédéric Mistral (1830-1914), écrivain français de langue provençale connu pour ses œuvres « Mireille », « Le poème du Rhône », « Calendal », « La reine Jeanne », « Les contes provençaux », « Les olivades »… est aussi l’auteur du plus riche dictionnaire bilingue  provençal-français. En 1904, il reçoit le Prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre littéraire et philologique. Il consacre le montant de ce prix à la création d’un musée d’ethnographie à Arles.

Issu d’une vieille famille provençale, Frédéric Mistral n’aura de cesse de célébrer le terroir qu’il chérit depuis  son premier souvenir d’enfant : « D'aussi loin qu'il me souvienne, je vois devant mes yeux, au Midi là-bas, une barre de montagnes dont les mamelons, les rampes, les falaises et les vallons bleuissaient du matin aux vêpres, plus ou moins clairs ou foncés, en hautes ondes. C'est la chaîne des Alpilles, ceinturée d'oliviers comme un massif de roches grecques, un véritable belvédère de gloire et de légendes ». Ou encore : « C’est sur les rocs escarpés de ces collines que les princes des Baux avaient leur château fort. C’est dans ces vals aromatiques, aux Baux, à Romanin et à Roquemartine que tenaient cour les belles châtelaines du temps des troubadours » (« Mes origines : mémoires et récits », 1906). L’écrivain nous parle également de son village natal, Maillane, « en avant des Alpilles ».

Le chantre de la Provence

Dans son œuvre, Frédéric Mistral narre en premier lieu la vie de village et le travail des champs, ses légendes, « ses fariboles », ses croyances et ses personnages originaux, à l’exemple du « Bramaire, un ancien grenadier de l’armée d’Italie, qui mangeait toutes vivantes les cigales et les reinettes, si bien que les bestioles lui chantaient dans le ventre ».

Enfant, les fêtes, en particulier celle de Noël, enchantent l’écrivain : « Et ainsi, tous ensemble, mioches ébouriffés et blondines fillettes, en béguins et petits sabots, nous partions sur le chemin d’Arles, le cœur tressailli de joie, les yeux pleins de visions et nous portions à la main, comme on nous l’avait dit, des galettes pour les Rois, des figues sèches pour les pages, avec du foin pour les chameaux », avec ses mets et friandises typiques de la Provence : « le plat d’escargots, le poison de Martigues, le nougat d’amandes, la galette à l’huile… » La fête, ce sont aussi les foires villageoises, comme à Beaucaire.

Ecolier, Mistral fait souvent un « plantié » (une escapade) à travers champs, pratique l’école buissonnière… Il devient pensionnaire au monastère de Saint-Michel du Frigolet, « situé  à deux heures de notre mas, entre Graveson, Tarascon et Barbentane » et fait ses premiers voyages à l’ermitage de Saint-Gens (XIIe siècle), site d'un célèbre pèlerinage, à Fontaine-de-Vaucluse, aux Saintes Maries… Plus tard, Mistral s’en va à Nîmes passer son baccalauréat. Puis, en 1848, « après les vendanges, mes parents qui me voyaient baver à la chouette ou à la lune… m’envoyèrent à Aix pour étudier le droit… » Licencié en droit, Mistral choisit la poésie en « songeant aux campagnards de La Crau et de Camargue ».

Alphonse Daudet lui rend hommage pour l’ensemble de son œuvre narrative et poétique : Mistral, « c'est la Provence de la mer, la Provence de la montagne avec son histoire, ses cœurs, ses légendes, ses paysages... Tout un peuple naïf et libre qui a trouvé son grand poète avant de mourir.»

Le Félibrige

Dès 1854, Frédéric Mistral fonde avec six autres hommes de lettres le Félibrige, association littéraire qui se donne pour objectif la renaissance des pays de langue occitane par la littérature et particulièrement la poésie. Ensemble, ils se proposent de restaurer la langue provençale et d’en codifier l'orthographe. Aujourd’hui encore, le dictionnaire bilingue provençal-français de Frédéric Mistral  reste une référence incontournable.

Mireille

Dédiée à Alphonse de Lamartine, le grand poète romantique, « Mireille » est la première œuvre de Frédéric Mistral. Elle apporte la gloire à son auteur en Provence et à Paris. Le compositeur Charles Gounod (1818-1893) en fera un opéra. Frédéric Mistral fait le récit des amours de jeunesse malheureuses de Mireille, fille de riches  paysans, et de Vincent, un modeste vannier. Les parents de la jeune fille refusent son choix et s’opposent à la mésalliance. Celle-ci, partie en pèlerinage aux Saintes Maries, meurt en chemin. 

Le musée d’ethnographie  provençale

Mistral, collectionneur de contes, collectionneur de mots, est aussi collectionneur d’objets. Il choisit Arles pour y installer le Museon Arlaten (1896), musée départemental d'ethnographie, installé dans l'hôtel Laval-Castellane (XVe siècle). Le musée présente les costumes, le mobilier, les  outils de travail, les objets de culte et de superstition qui illustrent la vie des Provençaux du XIXe siècle.