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Le Panthéon, un édifice grandiose
Le Panthéon, dont la construction de style néo-classique a été décidée en 1744 par Louis XV, est l’oeuvre de l’architecte Jacques-Germain Soufflot. Avec son apparence hiératique, le monument emprunte à des styles variés et s’inspire à la fois de l’Antiquité et du gothique.
Le Panthéon s’inscrit dans le projet d’embellissement de Paris mené par Louis XV, marqué notamment par la construction de la place Louis XV, future place de la Concorde. Soufflot a également à charge l’aménagement d’une place autour du monument, mais n’a que le temps de réaliser l’école de droit. Il conçoit aussi le projet d’un grand axe ouvrant l’édifice central de la place sur le jardin du palais du Luxembourg. L’actuelle place du Panthéon sera agrandie au XIXe siècle, avec notamment la destruction, en 1807, de l’ancienne église gothique Sainte-Geneviève, située à l’emplacement de l’actuelle rue Clovis, et la construction de la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève.
Style néoclassique ou éclectique
Issue du projet de Soufflot, l’actuel monument est une église à dôme, longue de 110 m et haute de 83 m. Elle est conçue selon un plan en croix grecque (nef et transept de même longueur), alors inédit à cette échelle en France. Avec son péristyle à six colonnes et son fronton triangulaire (unique à l’époque), ses colonnes corinthiennes, il est généralement qualifié de néo-classique. Mais sa nef voûtée est un emprunt à l’architecture gothique, la coupole à tambour avec son péristyle extérieur rappelle le style classique des XVIIe et XVIIIe siècles français, et l’usage des coupoles en couvrement évoque le style byzantin. Certains voient donc dans le Panthéon un bâtiment de style éclectique.
Le dôme, dont l’apparence rappelle celui de la cathédrale Saint-Paul de Londres (1675-1710), est constitué de trois coupoles, dont une seule visible de l’extérieur, emboîtées les unes dans les autres. La crypte couvre toute la surface de l’édifice, avec ses quatre galeries sous chacun des bras de la nef. Après y avoir pénétré par une salle décorée de colonnes doriques, le visiteur découvre au centre du bâtiment la vaste salle voûtée de forme circulaire. Une crypte incroyablement vaste, qui prédestinait le bâtiment à devenir le temple des grands hommes.
Dans son ensemble, le projet tranche avec les styles classique et baroque du siècle précédent par sa parfaite symétrie, son unique niveau de colonnes -qui la distingue, par exemple, de Saint-Louis des Invalides-, et le refus de toute profusion décorative.
La rupture de la Révolution
Lorsque, le 4 avril 1791, l’Assemblée constituante transforme l’église Sainte-Geneviève en Panthéon, les lieux doivent être adaptés à cette nouvelle fonction. Très rapidement, les deux clochers du projet initial sont supprimés ainsi que le lanterneau qui domine le dôme (seul celui-ci sera reconstruit dans les années 1830). Intérieurement, 38 des 42 fenêtres sont obturées, plongeant le lieu dans une semi-pénombre qui souligne les jeux de lumière zénithale issue de la coupole à caissons. L’édifice baigne depuis dans une lumière sépulcrale qui rappelle le Panthéon à Rome. Des changements qui laïcisent le monument et privilégient la référence antique au détriment du gothique.
Passées ces étapes de construction, le bâtiment ne subira plus de modifications de structure. Les décors extérieurs et intérieurs, eux, évolueront sans cesse, témoignant de l’histoire mouvementée du XIXe siècle, de la Révolution française à la IIIe République, au point qu’il ne reste plus de trace aujourd’hui du décor imaginé par Soufflot. A l’extérieur, le fronton sculpté par David d’Angers date de 1837 et représente de nombreux grands philosophes et savants autour de la République.
Les apports de la IIIe République
Sous la IIIe République, le décor intérieur du Panthéon ne cesse de s’enrichir : grand cycle de peintures sur l’histoire de France à l’initiative de Chennevières, à l’époque directeur des beaux-arts, évoquant notamment sainte Geneviève, Clovis, Charlemagne, saint Louis, saint Denis, Jeanne d’Arc, ainsi que des statues de Mirabeau et de Victor Hugo. Les sculptures encore en place datent toutes de la IIIe République. D’autres grands projets, notamment ceux du sculpteur Rodin, n’ont jamais vu le jour.
En 1913, un autel républicain est placé au centre de l’édifice « à la gloire de la Convention nationale ». Au lendemain de la Grande Guerre (1914-1918), un monument est installé dans le transept en hommage « aux héros inconnus, aux martyrs ignorés morts pour la France » : le gisant d’un poilu est surmonté par le nom des champs de bataille et des lignes de front de 1914-1918.
De nombreuses plaques sont apposées au Panthéon : après la Première guerre mondiale, en 1927, est apposée une stèle portant le nom des écrivains morts pour la France au cours de la période 1914-1918 ; une autre sera installée, au lendemain de la Libération, pour les écrivains morts pour la France en 1939-1945. Depuis 2007, une plaque rend hommage aux « Justes de France » et aux héros anonymes qui ont sauvé des milliers de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aucun élément architectural n’a plus été modifié, ajouté ou retiré depuis 1958.
A la fin du XXe siècle, le niveau principal de l’édifice est fermé au public suite à d’importantes chutes de pierres, dues à la technique de construction employée, la pierre armée. Constituée de pierres reliées entre elles par des armatures métalliques, elle subit une forte corrosion avec les siècles. La couverture en plomb et les verrières hautes ont été restaurées après la tempête de décembre 1999.






