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Interview - José Manuel Barroso : "Rebâtir un système financier sain, solide et innovant"
Troisième et dernière partie de notre entretien. Deux sujets de premier plan qui intéressent les Européens : la crise financière et le changement climatique.
Quelles peuvent être les solutions retenues par la Commission pour sortir de la crise financière ?
Pour l'Europe, il s’agit de tenir ses engagements du G20. Confiance et crédibilité doivent être restaurées. L'objectif est de renforcer le système financier et prévenir de nouvelles crises financières. Pour cela la Commission a lancé un vaste programme visant à rebâtir un secteur financier sain, solide et innovant, ce qui aidera à la reprise économique en général. Cette nouvelle architecture financière européenne, à laquelle travaille tout particulièrement le commissaire Michel Barnier, repose sur quatre grands principes : transparence, responsabilité, supervision et enfin prévoyance et gestion de crise.
La question de la transparence concerne essentiellement le fonctionnement des marchés de produits dérivés ainsi que la vente à découvert et les contrats d'échange sur défaut. Pour le deuxième principe responsabilité, il s'agit notamment de mieux protéger les investisseurs et les déposants, promouvoir les intérêts des consommateurs dans le cadre de la procédure de vente et aussi améliorer la qualité et la quantité du capital détenu par les banques. Le troisième principe, supervision, touche surtout à la création d'un cadre de supervision européenne et au rôle des agences de notation. Enfin, la question de la prévention et gestion des crises passe en particulier par une réforme de la gouvernance des entreprises et un plan d’action sur la gestion des crises, qui débouchera sur des propositions législatives pour la prévention et la résolution des problèmes pour les banques défaillantes.
Et les solutions pour faire face au changement climatique ?
Nous continuons sur la lancée de mon premier mandat à la tête de la Commission européenne. Je considère en effet que l'UE doit continuer à viser un accord international unique et ambitieux. La prolongation du protocole de Kyoto ne résoudrait pas le problème fondamental. Il faut conjointement un accord juridiquement contraignant faisant participer les États-Unis et les pays émergents importants. Donc dans l'immédiat nous travaillons à intensifier notre communication avec les autres pays et aussi à mettre en œuvre les activités de financements anticipés ("fast-start") de l'Accord de Copenhague au profit des pays en développement. Je pense que nous devons également montrer l'exemple par une action résolue de réduction de nos émissions de CO2 pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixés d'une réduction de 20 % de nos émissions d'ici à 2020.
Par ailleurs, je considère que l’Europe doit s’appuyer sur son rôle de leader sur la scène internationale pour favoriser le développement d’une économie sobre en carbone. Ainsi dans notre stratégie Europe 2020, nous suggérons certaines mesures en faveur d'une Europe plus efficace dans l'utilisation des ressources et d'une politique industrielle européenne pour une croissance durable.
Plus d'efficacité dans l'utilisation de nos ressources présente non seulement un intérêt économique, mais aussi un intérêt pour notre sécurité énergétique. Il est possible de combiner une croissance durable avec une base industrielle solide. Il faut savoir, par exemple que ces dix dernières années, l’industrie verte a créé environ 3 millions d’emplois. Si nous atteignons notre objectif dans le domaine des énergies renouvelables d’ici à 2020, quelque 3 millions d’emplois nouveaux pourraient être créés soit autant que dans l’ensemble de l’industrie verte ces dix dernières années.






