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La police berlinoise accro aux portables

24/01/12 - Die Tageszeitung - Allemagne

"A chaque portable un soupçon." Depuis 2008, la police berlinoise a collecté 4,2 millions de données de connexion de téléphones portables, rapporte la Tageszeitung. Un record atteint dans le cadre de la chasse aux incendiaires de voitures de luxe dans la capitale. Quelque 410 demandes d'information effectuées par la justice auprès des opérateurs de téléphonie mobile ont permis de remonter aux noms et domiciles de personnes s'étant trouvées à proximité d'une voiture incendiée. "Seul problème : elles n'ont pas abouti à l'identification d'un seul suspect", note le quotidien de gauche.

L'affaire révolte l'opposition berlinoise composée du parti de gauche Die Linke, des Verts et des Pirates qui critiquent le manque total de proportionnalité de cette mesure. De son côté, la coalition de sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates soutient la police et affirmant que "toutes les ressources de l'Etat de droit doivent être mobilisées pour trouver les pyromanes." Depuis le milieu des années 2000, entre 400 et 760 voitures sont brûlées chaque année à Berlin.

ACTA non grata

24/01/12 - Gazeta Wyborcza - Pologne

Plusieurs jours de manifestations d'internautes et de hackers contre le traité ACTA (Anti counterfeiting trade Agreement), qui oblige ses 39 Etats signataires à lutter activement contre la contrefaçon, en particulier le téléchargement illégal sur Internet, "n'ont eu aucun effet", écrit Gazeta Wyborcza. Varsovie devrait à son tour signer ce document en fin de semaine. Redoutant qu'ACTA ne restreigne la liberté de parole sur le Net, des internautes et de nombreuses organisations bloquent depuis plusieurs jours des sites officiels.

Samedi 21 janvier, le group Anonymous, a ainsi entrepris plusieurs attaques réussies de sites officiels, et le lundi 23 janvier, un mouvement baptisé "l'Underground polonais" a hacké le site du Premier ministre en y postant une vidéo d'une blogueuse connu sous le nom de “Baśka”, parodiant le général Jaruzelski déclarant la loi martiale.

Les anti-ACTA accusent le gouvernement polonais de n'avoir consulté personne sur cet accord et réclament l'ouverture d'un débat, qui a déjà débuté dans la presse, sur la propriété intellectuelle. "Dans le but de protéger la propriété intellectuelle, ACTA a utilisé une bombe nucléaire dont les effets sont imprévisibles", écrit Gazeta Wyborcza, qui estime que ce traité devrait être revu par la Cour de Justice de l'Union européenne.

Suspense sur les négociations à Athènes

23/01/12 - Financial Times - Grèce

"Les détenteurs de la dette grecque posent des limites aux pertes", titre le Financial Times, après la rupture des discussions le 21 janvier entre la Grèce et l'Institut de la Finance internationale (IFF), un lobby  bancaire international qui représente les créanciers privés qui ont prêté de l'argent au gouvernement grec.

Selon le quotidien londonien,

l'ambiance à Athènes était tendue dimanche soir après qu'il est devenu clair qu'un accord sur la restructuration de la dette Grèce de 100 milliards d'euros ne serait pas atteint avant la réunion de lundi 23 janvier des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles [...] [Le chef de l'IIF Charles] Dallara a expliqué que la position de l'IFF proposée aux autorités grecques vendredi soir – qui se traduisait par une perte de 65-70% du cours des actuelles obligations à long terme de la Grèce – allait aussi loin qu'il lui était possible d'aller.

Les banques et assureurs privés doivent échanger leurs emprunts grecs contre de nouveaux prêts émis par Athènes sur des maturités très longues.

La question de la durée de ces titres et du taux d'intérêt que la Grèce devra payer constituent la pierre d'achoppement de ces discussions qui visent à empêcher un défaut à grande échelle de la Grèce alors que le pays doit assurer le 20 mars prochain le versement d'une échéance de 14,5 milliards d'euros.

Selon le quotidien athénien To Ethnos"le thriller continue" :

le but est certainement de réduire de 100 milliards d'euros le montant de la dette mais, dans tous les cas, la faillite doit être évitée et compte tenu des prévisions de croissance négative, de nouvelles mesures d'austérité doivent être adoptées.

Le Financial Times note de son côté :

L'économie grecque est en chute libre après s'être contractée de plus de 6% l'année dernière par rapport aux prévisions officielles de 3,8- 4,5%. 

Viktor Orbán esquive les questions des eurodéputés

19/01/12 - Népszava - Hongrie-UE

Invité à répondre aux interrogations des députés européens réunis à Strasbourg, le 18 janvier, le Premier ministre hongrois a promis de changer les lois controversées dans son pays tout en ignorant les critiques plus profondes sur le respect des règles démocratiques.

Pour Magyar Hìrlap, Orbán “s’est imposé contre les acharnés”, comme le quotidien de droite qualifie

 

les eurodéputés de la coalition FMI qui ont reçu du matériel préparé par l’opposition de Budapest . […] Le Premier ministre a refusé les diktats européens, mais s’est montré prêt à un dialogue sur tous les sujets. Mais son ton européen n’intéresse personne dans les rangs de la fraction européenne du FMI […] dont la voix est la démocratie, mais la loi est le fonds monétaire.   

De son côté, Népszava constate en une "un dialogue de sourds au Parlement européen". Pour le quotidien d'opposition,

Orbán a fait semblant de ne pas comprendre les raisons pour lesquelles il est critiqué en Europe. […] Comme d’habitude,  il a mélangé les lieux communs démagogiques et la défense de la patrie.

"Tout le monde s’est aligné sur les clivages politiques partisans", regrette le journal, qui souligne par exemple l‘appui du Premier ministre polonais Donald Tusk à Orbán, dénonçant "l’ambiance hystérique du Parlement européen concernant la Hongrie".          

Ces naufragés dont personne ne parle

18/01/12 - Die Tageszeitung - Immigration

"Catastrophes maritimes en Méditerranée", titre la Tageszeitung qui prend ainsi ses distances par rapport à la couverture médiatique consacrée au naufrage du Costa Concordia.

Car en Méditerranée, de nombreux naufrages “ ne font pas la une des journaux”, rappelle le quotidien berlinois, qui illustre la sienne avec la photo du naufrage d'un bateau en juin 2011 devant une île tunisienne. Quelque 700 réfugiés libyens étaient à son bord.

Dressant la liste des “pires catastrophes maritimes en Méditerranée depuis 2006”, le quotidien écrit dans son éditorial :

Des centaines de milliers de personnes finissent en cadavres anonymes en haute mer ou sur des plages rocheuses. Des dizaines de milliers de réfugiés finissent entre les mains de la pègre de l’Europe en crise qui ne leur réserve ni place ni humanité. [...] Les morts sont parmi nous, qu’ils viennent de croisières de luxe ou de chalutiers.

Draghi tire la sonnette d’alarme

17/01/12 - Il Sole 24 Ore - Crise de l’euro

“La crise est très grave, il faut agir tout de suite” : Il Sole 24 Ore reprend en Une les termes employés par Mario Draghi pour décrire la crise de l’euro face à la Commission pour les affaires économiques. Face à la dégradation de la note de la dette souveraine et à des perspectives de croissance nulles, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a soutenu la nécessité d’augmenter le capital des banques européennes et de promouvoir des mesures de relance afin de contrebalancer les effets négatifs de l'austérité sur la croissance.

Au moment où Draghi s’exprimait, l’agence de notation Standard & Poor’s a baissé la note du Fonds européen de stabilisation financière (FESF) de AAA à AA+, au motif du déclassement, le 13 janvier, de plusieurs des pays qui le financent.

Face à l’urgence de la situation, Il Sole regrette que le président français ait reporté sine die la rencontre avec le Premier ministre italien Mario Monti, prévue dans les prochains jours :

après avoir revendiqué la centralité de la France dans les plans de sauvetage de l’euro et de l’Europe, Nicolas Sarkozy semble avoir mis la question en stand-by : l’urgence, ce n’est plus d’affronter la crise de la dette avec les partenaires italiens et allemands pour donner un message fort et clair aux eurosceptiques, mais d’éviter une retentissante débâcle électorale à domicile. Ce n’est pas une nouveauté : cela s’était déjà produit avec Merkel. Encore une fois, l’Europe et sa crise financière peuvent attendre […] C’est notamment à cause de ces retards que la crise de la dette grecque est en train de coûter beaucoup plus cher que ce qui était envisagé et que les spéculateurs et les agences de douteuse notation continuent de faire la loi sur les marchés.

Révolte à Bucarest : “Indignés” ou opportunistes ?

16/01/12 - Adevărul - Roumanie

Une soixantaine  de blessés et de nombreux magasins saccagés : tel est le bilan de la manifestation qui s’est déroulée à Bucarest le 15 janvier pour réclamer la démission du président Traian Băsescu, accusé d'être à l'origine de la forte baisse du niveau de vie. Le rassemblement a dégénéré lorsque les manifestants ont été rejoints par plusieurs milliers d’hooligans, supporters extrêmistes des équipes de football de la capitale.

Pour Adevărul, ces incidents sont l’oeuvre de ce que le quotidien qualifie d’ “opportunistes! ", à savoir "les politiciens (l'opposition de gauche) et les délinquants", coupable d’avoir "spéculé sur le but initial de la révolte”.

Car depuis le 12 janvier, le mécontentement des Roumains se cristallise autour d’un projet de privatisation de plusieurs services sociaux, dont le SMURD, le service ambulancier d’urgence. Le texte a été retiré le 13, mais la démission médiatique du chef du SMURD, Raed Arafat, a relancé la polémique. "Le déclic social se serait produit de toute façon", considère Adevărul.

Huit Roumains sur dix pensent que le pays va dans une mauvaise direction, et maintenant l'addition des mesures d'austérité (exigées par le FMI, contre son aide financière) tombe. Les Roumains prennent le chemin des Indignés des Etats-Unis, d'Europe et de la Russie de Poutine.

Pour l’éditorialiste du site d'information Gândul, en revanche, "ce qui s'est passé dimanche soir est inévitable mais pas acceptable".

Je ne désire pas être représenté dans la rue par de tels individus, bien que Băsescu me tape sur les nerfs. Il n’a pas été nommé par des Turcs, des Russes, ou des Américains, il a été élu par les citoyens. Il doit partir démocratiquement, dans une démarche à laquelle on peut tous participer, et sans lancer des pierres.

Loi martiale : une condamnation trop tardive

13/01/12 - Polska The TimesGazeta WyborczaRzeczpospolita - Pologne

"Les généraux sont des criminels", titre Polska The Times après qu'un tribunal de Varsovie a déclaré que les instigateurs de la loi martiale en Pologne,  entre 1981 et 1983, étaient coupables de "crime communiste" et que leur action était illégale.

Le verdict est avant tout symbolique : des quatres accusés, seul le général Czesław Kiszczak a été condamné à deux ans de prison – une condamnation suspendue en raison de son âge, 86 ans. Son supérieur, le général Wojciech Jaruzelski, et l'ancien ministre de la Défense, le général Florian Siwicki, n'ont quant à eux pas été jugés pour raison de santé. Enfin, l'adjoint du général Siwicki, Tadeusz Tuczapski, est décédé pendant le procès.

Il aura fallu 30 ans "pour que la justice historique soit faite", commente Polska The Times, qui note que le tribunal a rejeté l'argument du général Jaruzelski selon lequel la loi martiale aurait empêché une "inévitable" intervention des forces du Pacte de Varsovie.

La légalité de la loi martiale, qui a entrainé la mort d'entre 10 et 20 personnes et l'internement d'environ 10 000 autres, a longtemps été un sujet de discorde entre les partis politiques polonais. Un "instrument efficace dans les luttes politiques au cours des deux dernières décennies", écrit Gazeta Wyborcza :

Personne ne voulait l'examiner avec l'œil objectif du chercheur. [La loi] a été utilisée pour alimenter l'hystérie politique plutôt que pour comprendre l'Histoire…

Le quotidien conservateur Rzeczpospolita, de son côté, estime que ce verdict est crucial "pour toutes les leçons d'Histoire que les générations à venir recevront".

Les SS “héros de la liberté”

11/01/12 - Die Tageszeitung - Estonie

"La canonisation de la SS", s’insurge la Tageszeitung, qui publie en Une la photo du patron de l’organisation nazie, Heinrich Himmler, rendant visite à la brigade des volontaires SS en Estonie en octobre 1943. Le quotidien berlinois se réfère à un projet de loi que le ministre estonien de la Défense, Mart Laar, souhaiterait faire adopter en mars. Le texte donne le statut de "combattant de la liberté" à tous ceux qui ont participé à la lutte contre l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui inclut les membres de la SS en Estonie. Les tentatives pour faire adopter cette loi ont échoué en 2006 et en 2010, mais cette fois-ci, "la majorité semble assurée”, rapporte la “TAZ”. Tandis que l'ambassade russe à Tallinn a qualifié ce projet de loi de "blasphématoire", les Verts allemands critiquent de leur côté une "justification a posteriori des atrocités commises par les sbires de Hitler en Union soviétique".

L’immigration aggrave-t-elle le chômage ?

10/01/12 - Presseurop - Emploi

"L’immigration ne provoque pas le chômage". C’est ce qu’affirme The Independent, à la suite d’un rapport publié par le National Institute of Economic and Social Research qui réfute la thèse selon laquelle l’afflux des étrangers au Royaume-Uni est l’une des causes du chômage chez les jeunes Britanniques de souche. Cette étude, ne relève “aucun lien” entre l’augmentation de l’immigration et celle du nombre des demandeurs d’emploi – même en cette période où le Royaume-Uni connaît la pire récession depuis des décennies. "L'immigration a un effet de relance sur l’économie, stimulant l’emploi et réduisant le nombre des bénéficiaires de l’allocation chômage", écrivent les économistes de l'institut, qui ajoutent que 

l’interaction entre les flux migratoires entrants et le PIB s’avère positif, ce qui montre que, durant les périodes de ralentissement de la croissance économique, l’arrivée des migrants est corrélé avec […] un ralentissement de l’augmentation des allocataires.

En Italie, le chômage repart à la hausse après trois années de baisse, et ce en raison de la crise économique, note La Stampa. Les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique montrent que le nombre d’emplois occupés par des citoyens italiens a crû au troisième trimestre 2011 (+39 000).

Parallèlement, l'emploi chez les travailleurs immigrés, dont le nombre n’a cessé de progresser ces dernières années, continue de s’améliorer, quoique à un rythme moindre – à 120 000 postes de plus contre 167 000 au deuxième trimestre 2011.

"Serait-ce un signe positif, témoignant une reprise progressive de l’activité ?" s’interroge le sociologue Luca Ricolfi dans le quotidien de Turin.

Je crains que la réponse ne soit ‘non‘. […] Ce qui se passe, c’est que, après des années de crise, les Italiens se rendent compte qu’ils ne peuvent plus se permettre de prendre leur retraite trop tôt, d’accepter uniquement des emplois en or et d’attende des jours meilleurs. Nous ne constatons pas encore de concurrence directe, mais [les entreprises] réagissent à la crise en réduisant la demande de main d’œuvre étrangère et [les salariés] ne lâchent pas les emplois qu’ils occupent […] La progression apparemment irrésistible de l’emploi des étrangers semble maintenant devoir ralentir, sinon se terminer.

Mais la crise pousse également un nombre grandissant de chômeurs italiens à cesser de chercher du travail, met en avant le Corriere della Sera, citant les statistiques d’Eurostat. Selon le bureau des statistiques européen, 2,7 millions d’Italiens – soit plus que dans tout autre pays membres de l’UE – sur un total de 8,2 millions, sont susceptibles de travailler mais ne recherchent pas un emploi. Les seuls pays où le pessimisme sur les perspectives d’emploi demeure relativement faible sont l’Allemagne, la France et la Belgique.