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Le canal du Midi
Construit sous le règne de Louis XIV, de 1666 à 1681, le canal du Midi comporte 328 ouvrages (écluses, aqueducs, tunnels, ponts…) et constitue une réalisation de génie civil hydraulique majeure de l’ère moderne. Son concepteur sut allier la prouesse technique à un souci de l’esthétique architecturale et paysagère.
Classé grand site de France, le canal du Midi est, depuis 1996, inscrit au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Parce qu’il constitue « l'une des réalisations de génie civil les plus extraordinaires de l'ère moderne, qui ouvrit la voie à la révolution industrielle », selon l’Unesco. « Le souci de l'esthétique architecturale et des paysages créés qui anima son concepteur, Pierre-Paul Riquet, en fit non seulement une prouesse technique, mais aussi une œuvre d'art. »
Depuis l’Antiquité, de nombreux projets de creusement de canal reliant la Méditerranée à l’Atlantique ont été élaborés et soumis successivement à Auguste, Néron, Charlemagne, François 1er, Charles IX ou Henri IV. En 1662, la proposition de Pierre-Paul Riquet, percepteur de la gabelle en Languedoc, retient l’attention de Louis XIV qui y voit l’opportunité de marquer son règne d’une œuvre impérissable. L’édit royal d’octobre 1666 autorise la construction du canal. L’embauche de nombreux ouvriers (jusqu’à 12 000 !) et une organisation du travail spécifique permettront son ouverture à la navigation le 15 mai 1682 et, un an plus tard, au trafic marchand.
Un ouvrage d’art
Le grand défi technique du canal du Midi, relevé par Pierre-Paul Riquet, était d’acheminer l’eau de la Montagne noire jusqu’au seuil de Naurouze (189 m), le point le plus élevé du parcours. Pour tenir compte au mieux des débits et des volumes, Riquet construisit une maquette comportant des écluses, des tunnels et des épanchoirs avant de définir le tracé définitif du canal.
A partir de 1686, pour juguler les risques d’inondation, le grand architecte Vauban fera percer le tunnel des Cammazes pour prolonger la rigole de la Montagne noire. Il fera aussi renforcer le barrage de Saint-Férréol, trop petit en cas de crue, construire de nombreux ouvrages pour réguler le niveau de l’eau, et édifier 49 aqueducs et ponts canaux.
Le dispositif sera complété plus tard par une série d’ouvrages : canal latéral de la Garonne qui permet de rejoindre Bordeaux sans subir les crues violentes de la Garonne, canal de la Robine de Narbonne qui fait la jonction entre l’Aude et la mer Méditerranée (et canal de la Jonction qui rejoint l’Aude et le canal du midi), canal de Brienne qui relie la Garonne au canal du Midi.
Un paysage à préserver
A l’origine, les 42 000 platanes qui bordent le canal du Midi avaient été plantés pour réduire l’éboulement des berges du canal et les stabiliser. L’alignement de ces arbres, espacés de 7 à 8 mètres, procure un effet de colonnade et signe l’homogénéité de ce « magnifique monument du paysage ». Les platanes filtrent la lumière et protègent les navigateurs de la chaleur des mois d’été chauds du Sud de la France.
Atteints par le chancre, les platanes sont aujourd’hui menacés, malgré des campagnes d’abattage menées pour atténuer la propagation de la maladie. Un récent rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable fait des recommandations en faveur du maintien de cette essence.
Un haut lieu du tourisme fluvial
Initiée dans les années 1960, la fréquentation explose à partir des années 1980. Ouvert de mars à novembre, le canal représente un cinquième du tourisme fluvial français.






