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L’abbaye de Conques

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Chef-d’œuvre absolu de l’art roman, célèbre pour son tympan et son trésor composé d’œuvres d’art  uniques de l’époque carolingienne, l’abbatiale  Sainte-Foy de Conques, (Aveyron), est classée monument historique depuis 1840 et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, en tant qu’église de pèlerinage des chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France.   

Le nom de Conques provient du site, en forme de coquille échancrée formé par le torrent de l’Ouche (de l’occitan oucho : brèche, entaille) qui domine la vallée du Dourdou dans le département de l’Aveyron. L’abbaye est bâtie à l’aplomb d’une faille géologique. Selon la chronique monacale des XIe et XIIe siècles, ses origines remonteraient aux premiers chrétiens, réfugiés dans ces terres inaccessibles pour mener une vie austère et échapper aux persécutions romaines. Les ermites se regroupèrent en communautés et édifient une première chapelle, en 371.

L’abbaye sera fondée par l'abbé Dadon, sous la protection de Charlemagne. qui offre une relique de la Croix au monastère de Conques. Son fils, Louis le Pieux, transformera le monastère en abbaye impériale en 818.

Entre 844 et 862, les Vikings pillent Agen et Toulouse, et les grandes abbayes de ces régions cachent leurs reliques dans le Massif central. Les reliques de sainte Foy, fillette martyre agenaise, arrivent à Conques. L’abbaye acquiert alors une renommée internationale, soutenue par l’ouverture de la « via podiensis », itinéraire de pèlerinage du Puy à Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’abbatiale

L’afflux de pèlerins rend nécessaire la construction de l’abbatiale actuelle, commencée en 1041, et dont la nef est achevée au début du XIIe siècle. Pour s’adapter au terrain aveyronnais, son plan en croix classique inclut un transept plus long que la nef. Par son architecture, l’église abbatiale se rattache à une série d’églises de pèlerinage comme Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques de Compostelle, toutes situées sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques. L’abbatiale deviendra aussi source d’inspiration pour la construction des grandes églises romanes d’Auvergne

L’intérieur de l’abbatiale, qui comprend plus de 250 chapiteaux, est très sobre. Sa voûte culmine à 22 m. Son  déambulatoire est orné de magnifiques grilles datant du XIIe siècle. Au portail occidental de l’abbatiale, le tympan du Jugement dernier, où 124 personnages sont représentés sur trois niveaux, constitue l’une des œuvres emblématiques de la sculpture romane.

Depuis 1994, une commande publique a permis de doter l’abbatiale de vitraux contemporains,  conçus par un peintre majeur, Pierre Soulages, et réalisés par le maître verrier Jean-Dominique Fleury. Le verre non coloré respecte et module les variations de la lumière naturelle et  concourt à la continuité de surface  exceptionnelle entre les murs et les fenêtres. L’ensemble est un exemple remarquable d’intégration d’œuvres contemporaines dans un lieu au passé architectural et historique prestigieux.

Le trésor

Le Trésor de l’Abbatiale de Sainte-Foy, caché sous la Révolution française, constitue la plus complète collection d’orfèvrerie religieuse française. La collection comprend des œuvres  du IX e au XVIe siècle, en  particulier des reliquaires datant du XIe siècle réalisés par des artistes locaux. La pièce maîtresse est la statue reliquaire de sainte Foy, du IXe siècle, faite de plaques d’or et d’argent sur une âme en bois.