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La rentrée littéraire, exception française
Chaque automne, les livres font leur rentrée, déferlant par centaines dans les librairies.
Le premier roman dont on parle en cette rentrée littéraire 2011, c'est celui d’Alexis Jenni, un enseignant de Lyon, agrégé de sciences naturelles, qui publie L'Art français de la guerre (Gallimard), un roman fleuve captivant où s’entrelacent les époques et les lieux. Parmi les romans les plus remarqués ces jours-ci, Le Ravissement de Britney Spears (POL), de Jean Rolin, nous amène en Californie. Patrice Pluyette nous promet Un été sur le Magnifique (Seuil). Antoine Choplin change totalement de registre avec Le héron de Guernica (Le Rouergue). Emmanuel Carrère, l’auteur d’un Roman russe (2007) et de D’autres vies que la mienne (2009), publie le roman Limonov, consacré à la vie sulfureuse du poète et dissident russe éponyme, qui a vécu un moment à Paris. Amélie Nothomb figure également parmi les poids lourds de la rentrée, avec un vingtième roman qui s’intitule Tuer le père (Albin Michel). Eric-Emmanuel Schmitt revient avec La femme au miroir (Albin Michel). Egalement à l'affiche française de cette rentrée : Yasmina Khadra, Eliette Abécassis, Charles Dantzig, Michel Schneider, Sorj Chalandon, Eric Reinhardt, etc.
La rentrée littéraire est un rendez-vous obligé pour les éditeurs. Pourquoi cette saison plutôt qu’une autre ? Parce que c’est celle des grands prix littéraires. Dans le secteur de l’édition, les lauriers se ramassent en automne. Depuis la naissance du Goncourt en 1903 ou du Femina en 1904, les éditeurs ont adopté le calendrier de la rentrée littéraire, faisant de ce rituel une vraie exception française.
Ces dernières années, la somme des livres publiés à la rentrée n’a cessé d’augmenter. Le cru 1998 comptait 488 ouvrages, celui de 2000, 557. En 2007, la saison fut particulièrement riche avec 727 volumes. Le marché de l’édition connaît une croissance constante, en dépit du contexte économique. Car le livre résiste aux crises. Seul indice d’une légère frilosité conjoncturelle : pour le cru 2010, les éditeurs avaient misé sur des valeurs sûres, des écrivains célèbres et français.






