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Attribution des prix littéraires 2011

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Grand prix du roman de l'Académie française : Sorj Chalandon, Retour à Killybegs

Le Grand prix du roman de l'Académie française a été décerné le jeudi 28 octobre 2011 à Sorj Chalandon pour "Retour à Killybegs" (Grasset), un livre sur l'Irlande du Nord et la douleur amère de la trahison. Sorj Chalandon, également finaliste du Goncourt et l'Interallié, a été choisi "au premier tour de scrutin, par 13 voix sur 20", a annoncé Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, qui ouvre ainsi la saison des grands prix littéraires d'automne. "Tout nous a plu dans ce livre: l'histoire, la langue mais c'est aussi le sacre de toute l'oeuvre de l'auteur", a souligné Hélène Carrère d'Encausse.

Prix Goncourt : Alexis Jenni, L’Art français de la guerre

Le prestigieux prix Goncourt  a été remis le 2 novembre à Alexis Jenni pour son premier roman, L’Art français de la guerre (Gallimard). Entre Indochine et Algérie, cette fresque fascinante questionne l'héritage des guerres coloniales. L’auteur, professeur lyonnais de biologie de 48 ans, a consacré cinq années à ce livre, récit d'aventure et réflexion sur l'héritage des conflits coloniaux. "Depuis la fin de mes études, il y a vingt ans, j'ai écrit plusieurs choses qui n'ont pas marché. Alors je me disais que je resterais toujours un écrivain du dimanche, comme il y a des peintres du dimanche", confiait-il récemment avec humour. En 2010, le Goncourt avait couronné une star médiatique, Michel Houellebecq, pour La carte et le territoire (Flammarion).

Prix Renaudot : Emmanuel Carrère, Limonov

L'écrivain français Emmanuel Carrère a obtenu le 2 novembre le prix Renaudot pour Limonov (P.O.L), consacré à la vie sulfureuse du poète et dissident russe éponyme, qui a vécu un moment à Paris. Emmanuel Carrère, auteur d’un Roman russe (2007) et de D’autres vies que la mienne (2009), s'est réjoui que son roman ait permis de "faire connaître ce personnage", qui fut aussi idole underground sous Brejnev et fondateur d'un parti ultranationaliste en Russie. "Je suis extrêmement content" d'avoir obtenu le Renaudot, a déclaré Emmanuel Carrère à l'AFP peu après l'attribution du prix. "Cela doit être inattendu pour Limonov. Je vais bien sûr lui dire rapidement", a-t-il ajouté. "Sans immodestie, avec ce livre, j'ai sans doute aussi fait connaître ce personnage à beaucoup de gens qui ne le connaissaient pas et j'en suis heureux", a-t-il estimé.

Prix Médicis : Mathieu Lindon, Ce qu'aimer veut dire

Le prix Médicis a été remis vendredi 4 novembre à Mathieu Lindon pour Ce qu'aimer veut dire (P.O.L), hommage sincère et émouvant rendu au philosophe Michel Foucault, son ami mort en 1984, et à son père Jérôme Lindon, patron charismatique des Editions de Minuit disparu en 2001. "C'était très inattendu", a réagi Mathieu Lindon. "J'ai essayé de montrer ce qu'aimer veut dire", a-t-il expliqué à l’AFP, ajoutant : "j'ai juste raconté l'histoire d'un fils à qui la proximité d'un ami permet de s'éloigner de son environnement familial tout en tâchant d'en garder le meilleur". "J'essaie de montrer comment au fil des années on se fait de l'amour une idée plus précise ou plus imprécise, qu'il n'y a peut-être pas à différencier l'amour qu'on a pour un ami, l'amour qu'on a pour un père, l'amour qu'on a pour un amoureux et l'amour qu'on a pour un amant", déclare-t-il encore à l’AFP.

Prix Médicis essai : Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie

Le voyage immobile Dans les forêts de Sibérie (Gallimard) de Sylvain Tesson a conquis le jury Médicis, qui lui a décerné le 4 novembre le prix de l'Essai, et séduit des dizaines de milliers de lecteurs qui l'ont rejoint en exil dans sa cabane au bord du lac Baïkal. Consacré par le public, finaliste cet automne des prix Renaudot, Médicis et Femina, cet écrivain voyageur et baroudeur avait posé son sac pendant six mois dans une cabane de 9 m2, perdue sur la rive occidentale du lac Baïkal.

Prix Médicis étranger : David Grossman, Une femme fuyant l'annonce

Avec Une femme fuyant l'annonce (Seuil), qui a reçu le 4 novembre le prix Médicis étranger, l'écrivain israélien David Grossman réussit le tour de force d'offrir une ode à la vie et à l'amour quand rôde la peur de la mort. Dans ce roman magistral et bouleversant, le narrateur se glisse dans la peau d’Ora, séparée depuis peu de son mari, Ilan. Best-seller en Israël, ce roman, traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen, a déjà atteint 50 000 exemplaires en France depuis la rentrée, selon son éditeur. Le fils aîné de David Grossman a été tué au Liban pendant la rédaction.

Prix Femina : Simon Liberati, Jayne Mansfield 1967

Le prix Femina a été décerné le 7 novembre à Simon Liberati pour Jayne Mansfield 1967 (Grasset), méditation sur le destin de cette blonde plantureuse, sex symbol brisé par Hollywood, qui se voulut star, finit en bimbo trash, avant de mourir sur une route à 34 ans, le crâne broyé.

Prix Femina essais : Laure Murat, L'Homme qui se prenait pour Napoléon

L'Homme qui se prenait pour Napoléon (Gallimard), de Laure Murat, récompensé le 7 novembre par le prix Femina essais, est une enquête historique sur le lien entre événements politiques et folie. Sous-titré Pour une histoire politique de la folie, cet essai s'appuie sur des archives inédites et des observations médicales.

Prix Femina étranger : Francisco Goldman, Dire son nom

L'Américain Francisco Goldman a reçu le 7 novembre le prix Femina étranger pour Dire son nom (Christian Bourgois), livre qui tente de ressusciter sa jeune épouse, broyée par une vague meurtrière il y a quatre ans au Mexique. "Dire son nom" (titre original "The Wave") est traduit de l'américain par Guillemette de Saint-Aubin.

Prix Goncourt des lycéens : Carole Martinez, Du Domaine des Murmures

Le 24e prix Goncourt des lycéens a été décerné le 7 novembre à Carole Martinez pour Du Domaine des Murmures (Gallimard), un roman lyrique et poétique qui offre « une autre vision du monde » selon le président du jury.

Prix Renaudot des lycéens : Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

Le prix Renaudot des lycéens a été attribué le 8 novembre à Delphine de Vigan pour Rien ne s'oppose à la nuit (Lattès), une plongée au coeur de la mémoire familiale et des secrets les plus enfouis.

Prix Goncourt de la poésie : Vénus Khoury-Ghata

Le Prix Goncourt de la poésie 2011 a été attribué le 6 décembre à Vénus Khoury-Ghata, d'origine libanaise, pour l'ensemble de son oeuvre. Vivant à Paris depuis le début des années 1970, Vénus Khoury-Ghata a publié une vingtaine de recueils de poèmes et autant de romans. En 2009, elle avait reçu le Grand prix de poésie de l'Académie française.