Originaire de la Guadeloupe, le Chevalier de Saint-George (1745 – 1799) fut tout à la fois escrimeur d'exception, compositeur de talent, et patriote. Un destin d'exception pour un homme né esclave.

" /> Saint-George : un créole au siècle des Lumières

Allez au contenu Allez à la navigation Allez à la recherche Change language

Saint-George : un créole au siècle des Lumières

Partagez :Envoyer cette page à un ami Partager sur facebook Twitter

Originaire de la Guadeloupe, le Chevalier de Saint-George (1745 – 1799) fut tout à la fois escrimeur d'exception, compositeur de talent, et patriote. Un destin d'exception pour un homme né esclave.

Né en 1745 en Guadeloupe, Joseph de Bologne est le fils d'un planteur, Georges de Bologne de Saint-George, et d'une esclave, Anne. D'après le code noir alors en vigueur, Joseph n'est pas un homme libre. Malgré cela, son père lui assure une éducation de qualité, d'abord en Guadeloupe, puis à Paris.

Georges de Bologne inscrit son fils à l'académie d'escrime de  Nicolas Texier de la Boëssiere. Joseph se fait vite remarquer par ses talents. Il  devient gendarme du roi. Il est nommé chevalier, et on le surnomme alors "le dieu des armes". Sportif accompli, le chevalier de Saint-George est également un musicien de talent. Sa maîtrise du violon fait de lui un artiste en vogue à Versailles, et il est un temps pressenti pour diriger l'Opéra. Une pétition raciste des chanteuses et danseuses l'empêche finalement d'accéder à ce poste.

Mais la carrière de Saint-George prend un tour politique avec la révolution française. Le chevalier s'enrôle dans la garde nationale pro-révolutionnaire en 1789. Peu de temps après, il devient colonel de la légion franche des américains du midi, un corps composé d'afro-antillais, et s'illustre lors de la défense de Lille contre Dumouriez.

Mais en 1793, Saint-George est destitué, sans motif. Il meurt dans l'indigence en 1799. Ce n'est qu'au XXème siècle que son œuvre et sa vie seront redécouvertes. Les travaux d'historiens, en particulier Claude Ribbe, soulignent l'influence du chevalier sur Mozart, qui n'était qu'un jeune musicien à l'époque de Saint-George.