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Disparition du réalisateur Claude Chabrol
Dimanche 12 septembre, Claude Chabrol s'est éteint. Avec lui disparaît l'un des plus grands cinéastes français révélé lors de la Nouvelle Vague avec Godard, Rivette, Rohmer et Truffaut.
Rien ne prédisposait ce fils de pharmacien à devenir l'un des monstres sacrés du cinéma français. Si ce n'est cette observation cruellement juste et aigüe de la médiocrité de la bourgeoisie provinciale dont il fera le cœur de la plupart de ses films.
Ours d'or à Berlin en 1959 pour Les Cousins, Claude Chabrol entame une carrière où les succès s'enchaînent : Les Bonnes Femmes (1960), Landru (1962), La Femme infidèle (1968), Le Boucher (1969) ou Que la bête meure (1969). Crimes et adultères lui servent à signer un réquisitoire brillant contre cette bourgeoisie provinciale honnie. Il y prend goût et joue à l'adaptation de polars, à commencer par Violette Nozière (1978). Il crée ainsi de savoureux portraits dont Michel Serrault, en serial killer dans les Fantômes du Chapelier (1982), Jean Poiret, en inspecteur caustique dans Poulet au Vinaigre (1984) ou Philippe Noiret en présentateur télé dans Masques (1987).
Mais c'est surtout avec l'actrice Isabelle Huppert qu'il noue un rapport aussi filial que cinématographique. Elle devient son égérie dans Une Histoire de Femmes (1988), Madame Bovary (1991), Merci pour le Chocolat (2000) ou L'Ivresse du Pouvoir (2005). Leur collaboration atteint un sommet avec La Cérémonie (1995), chef d'œuvre de peinture sociale. Stéphane Audran, son épouse, Michel Bouquet, Jean Yanne, Charles Denner, Sylvia Kristel, Jean-Claude Brialy, Benoît Magimel, Gérard Depardieu, Ludivine Sagnier comptent parmi les grands interprètes de ce réalisateur de génie qui compte près de 80 films à son actif.






