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Exposition "Raphaël, les dernières années" au musée du Louvre

Arts et culture Moyen-âge / Renaissance

Raphaël, Portrait de Bindo Altoviti, vers 1516-1518.

Raphaël, Portrait de Bindo Altoviti, vers 1516-1518. Huile sur bois. © Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington.

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Première grande rétrospective sur les années de maturité de Raphaël à Rome et sur son atelier, le Louvre présente du 11 octobre 2012 au 14 janvier 2013 une centaine de peintures, dessins et tapisseries retraçant son parcours, ainsi que celui de ses deux principaux assistants, Giulio Romano et Gianfrancesco Penni, de 1513 à 1524, quatre ans après la mort du maître et le départ de Giulio Romano pour Mantoue.

"L'entreprise Raphaël"

Le propos de l'exposition débute à Rome en 1513, alors que Raphaël (1483-1520) a tout juste 30 ans. Il est à Rome depuis cinq ans, afin d'exécuter la décoration d'une suite de "chambres" au Palais du Vatican – les stanze –, quand Léon X succède à Jules II. La pression des commandes passées par le nouveau pape et autres mécènes est alors si importante et la demande si forte (architecte pour les princes, dessinateur de tapisseries, peintre de fresques) que Raphaël est contraint de recruter une cinquantaine de collaborateurs. Formant le plus grand atelier jamais dirigé par un peintre, et réussissant à créer une harmonie extraordinaire au sein du groupe, il met en place un système collaboratif qui servira de modèle aux grands ateliers du XVIIe siècle.

Surpassant tous les autres

Bien qu'il soit surtout célèbre par l'aspect novateur de ses fresques monumentales au Vatican, il n'empêche que les retables d'église de Raphaël, ses tableaux de dévotion privée (représentant essentiellement la Sainte Famille ou la Vierge à l'Enfant), ses portraits d'apparat et portraits intimes, ainsi que certains de ses plus beaux dessins, tous réalisés entre 1513 et 1520, sont de la plus grande importance historique et artistique par leur inventivité et la grâce d'une technique picturale à la pointe de son temps. L'un des premiers artistes à peindre à l'huile sur toile en même temps que sur bois, délaissant les préparations claires de ses contemporains au profit de préparations colorées ou encore de sous-couches de couleurs variées, et poursuivant certaines expérimentations de Léonard de Vinci sur les groupes à plusieurs figures, sur la peinture de la lumière et du paysage et sur le clair-obscur, avec des contrastes très forts de lumière et de formes, Raphaël arrive à combiner paysages et visages.

Tableaux d'autel, Madones et portraits

Dans ses tableaux d'autel, on notera la Montée au Calvaire, dit Lo Spasimo, ou encore le Grand Saint Michel, incarnant de manière spectaculaire la volonté de Raphaël d'introduire un nouveau langage dramatique. Quant aux tableaux de dévotion privée et Madones (La Perla ou la Madone à la rose), qui ont à juste titre tant séduit la postérité par leur douceur et leur tendresse, ils ont aussi quelque peu fait oublier à quel point Raphaël a révolutionné l'art du portrait, comme l'attestent dans l'exposition le portrait de l'écrivain et diplomate Baldassare Castiglione, l'énigmatique Autoportrait avec Giulio Romano, le portrait de La Velata, ou encore celui de son ami, le jeune et riche banquier Bindo Altoviti.

Dans l'ombre du maître : Giulio Romano et Gianfrancesco Penni

Ces deux artistes se distinguent parmi les nombreux collaborateurs de Raphaël. Afin de faciliter la compréhension du degré respectif d'intervention du maître et de ses deux disciples, l'exposition présente des œuvres entièrement réalisées par Giulio Romano et Gianfrancesco Penni. Car, en plus de réaliser des œuvres au nom de Raphaël, ils exécutent des tableaux composés  à partir de motifs raphaélesques hors de toute demande du maître. Visitant l'exposition, vous pourrez ainsi retourner voir les œuvres de Raphaël et tenter de déceler leurs contributions. Concernant Giulio Romano, qui fait preuve de plus de personnalité, il est à noter qu'il apporte progressivement des aspects de sa propre esthétique dans l'œuvre de Raphaël et deviendra par la suite un grand artiste, influent et inventif, après la dispersion de l'atelier à Rome et son départ pour Mantoue, en 1524.