Réunis en douze thèmes, près de 400 objets, jamais ou rarement montrés, se font écho et témoignent des inventions techniques et artistiques. De « Ombre et lumière » à « Une matière peut en cacher une autre » en passant par « Optique hypnotique » ou l'évocation d'une vraie fausse Period Room, le visiteur aura les clefs pour découvrir les artifices du trompe-l'œil et de l'imitation.
Le trompe-l'œil trouve son origine dans les fresques et mosaïques antiques. La Renaissance et le Maniérisme vont amplifier ce phénomène avant que la période Baroque n'en fasse un genre à part entière, magnifiant les techniques de la perspective et du clair-obscur.
L'imitation, tout un style
En jouant avec les styles et les références, l'objet nous trompe aussi sur son époque. Ainsi, l'exposition nous rappelle que le XIXe siècle imite le Moyen-Âge, la Renaissance ou les civilisations orientales… La société française manifeste alors un nouvel intérêt pour les styles qui ont fait la gloire de la France, allant de l'époque gothique ou de la Renaissance aux majestueuses proportions de l'époque Louis XIV et aux formes plus contournées en vogue sous Louis XV. C'est le style troubadour ou rococo. « Dans cet art de la mise en scène, les copies sont appréciées pour les ambiances qu'elles permettent de recréer », expliquent les organisateurs de l'exposition. « Elles suscitent de nombreuses inventions techniques qui visent à abuser le regard et permettent de mêler dans les intérieurs le vrai et le faux dans une démarche qui privilégie l'effet final. »
L'imagination de nombreux créateurs de la deuxième moitié du XIXe siècle est stimulée par d'autres cultures ou d'autres artistes. Théodore Deck revisite les arts de l‘Islam, Gabriel Viardot ceux de la Chine ou du Japon, tandis que Charles-Jean Avisseau travaille à la manière de Bernard Pallissy. Ce système de références est un des ressorts utilisés au XXe siècle par les publicitaires qui font notamment allusion aux chefs-d'œuvre de la peinture pour imaginer leurs campagnes.
Au-delà du trompe-l'œil, les jeux fondés sur les mécanismes de la vision, effets d'optique et illusions visuelles sont tout autant utilisés par les créateurs pour troubler la perception du réel. « La mode, plus que tout autre domaine, assume et revendique le théâtre des illusions les plus folles », expliquent les organisateurs. « Du XVIIIe au XIXe siècle, perruques, tournures, faux-cul sont autant là pour tromper que pour sublimer le corps et le vêtement. » Comme la perruque de Marie-Antoinette, qui a atteint jusqu'à 85 cm.






